Cousins-Germains-des-Prés

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Il est 6h30 du mat’. J’ai les yeux grands ouverts et sans café, depuis une bonne heure et demie. Je marche dans Paris. Paris froid et Paris gris. L’humidité se glisse sous ma peau, ce qui reste de l’hiver européen me gèle les os. Tout mon corps est sous le choc, traumatisé d’être si loin. Décalé. Mon bronzage se crispe, les coutures de ma camisole me griffent les épaules sous le poids de toutes ces couches de tissus empilées pour affronter le retour.

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Voyage au bout de la langue

P1010704_2Ça fait deux semaines qu’on s’empiffre avec bonheur. On a créé un ou deux nouveaux quarts de travail à notre estomac, question de pouvoir s’enfiler quelques dims sums un peu plus tard en matinée, ou une petite dose de curry d’après-midi avant de véritablement s’attabler pour le souper. On a l’impression d’avoir pris quinze livre en quinze jours, tout porte à croire qu’on va se faire charger des extras par la prochaine compagnie aérienne, mais c’est juste trop bon pour s’arrêter. Et puis on vient de débarquer à Singapour, alors vraiment, c’est pas le moment de… de paniquer!

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Escale à BKK

– Marcoooo!

Je me faufile avec empressement à travers la foule de douchebags de Khao San Road, toute énervée, toute émue, comme une petite fille qui descend les escaliers le matin de Noël. Je passe entre les étals de brochettes de viande fumante, les vitrines improvisées de t-shirts niaiseux, les terrasses pleines de fausses boules, les taxis, les backpackers et puis hop! Je suis prête pour les grandes retrouvailles.

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La panique et la paix.

Panique. Du monde partout. On a faim – moi ça va encore, mais Serge. Quand Serge a faim, c’est instantané : l’écran se divise en trois, on est catapultés dans un épisode de Twenty Four. Pas le temps de niaiser. Il fait fucking chaud, et ça fait au moins une demi-heure qu’on essaie de se frayer un chemin vers – rendons-nous à l’évidence – nulle part, à travers la masse chaotique et cacophonique de monde, de vélos, de motos, des étals de fruits, d’épices et de riz, un chien couché par terre au milieu de tout ça, des mendiants, l’odeur de tuyau d’échappement, de swing de curry, un vendeur de barbapapa, de la poussière sur tes dents quand tu laisses ta bouche ouverte trop longtemps, un Indien qui pisse, des enfants qui te fixent, une vache folle qui s’est pris la tête dans une poubelle et qui fait le taureau mécanique.

Il faut venir ici pour voir le vrai sens du mot bordel.

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La fois où un coiffeur indien m’a fait la passe

Le coiffeur avant l’impact

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Depuis un peu plus d’un an, j’entretiens un bout de tête rasé. J’aime ça, j’ai l’impression que ça m’oxygène le cerveau et l’été ça fait aussi de l’aération naturelle. À Montréal, c’est assez facile, soit je passe au coiffeur à l’improviste en revenant de la job – ils me prennent toujours vu que ça prend deux minutes – soit je demande à quelqu’un qui a un clipper de le faire en vitesse, on m’a même déjà rasé le côté dans une toilette pendant un party…

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