Cousins-Germains-des-Prés

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Il est 6h30 du mat’. J’ai les yeux grands ouverts et sans café, depuis une bonne heure et demie. Je marche dans Paris. Paris froid et Paris gris. L’humidité se glisse sous ma peau, ce qui reste de l’hiver européen me gèle les os. Tout mon corps est sous le choc, traumatisé d’être si loin. Décalé. Mon bronzage se crispe, les coutures de ma camisole me griffent les épaules sous le poids de toutes ces couches de tissus empilées pour affronter le retour.

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Voyage au bout de la langue

P1010704_2Ça fait deux semaines qu’on s’empiffre avec bonheur. On a créé un ou deux nouveaux quarts de travail à notre estomac, question de pouvoir s’enfiler quelques dims sums un peu plus tard en matinée, ou une petite dose de curry d’après-midi avant de véritablement s’attabler pour le souper. On a l’impression d’avoir pris quinze livre en quinze jours, tout porte à croire qu’on va se faire charger des extras par la prochaine compagnie aérienne, mais c’est juste trop bon pour s’arrêter. Et puis on vient de débarquer à Singapour, alors vraiment, c’est pas le moment de… de paniquer!

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Mandalay: the never ending day

4h00 AM

Nous marchons dans la nuit, en route vers notre hôtel.

Les bus de Birmanie ont la mauvaise habitude d’avoir des horaires de poules pas de tête. Prenez le bus Lac Inle – Mandalay par exemple, départ à 7h00 PM, neuf heures de trajet, arrivée prévue à 4h00 AM. Super. On se fait donc éjecter dans la nuit, dans une nouvelle ville, une autre inconnue qu’on devra découvrir et apprivoiser en quelques heures. Dans chaque ville c’est un coup de dés, on ne sait jamais vraiment où l’on va se faire éjecter. Des fois c’est tout près, des fois c’est dans le pitt, des fois il y a une petite pancarte au nom de Mr. May (le pseudo asiatique de Serge Maynard), ça c’est le grand luxe. Des fois ça pue, des fois il y a des millions de rapaces humains qui volent autour de nous pour piller les restes de notre trajet, on s’est même fait éjecter, une fois, sous un tronçon d’autoroute au milieu des poubelles et des cochons. Cette fois, il fait noir et il fait froid, et nous marchons dans la nuit, tous nos kilos sur notre dos.

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Bangkok 2 : the return of the crap attack.

The return. C’était évident, ça allait être pire, du genre « Plusse de gras! Plusse de sang! Plusse de bang bangs!« , sinon ça ne vaut pas le coup de faire une suite. Et comme de fait, le Crap Attack 2 a été bien plus gore que ma nuit dans un train indien. Oh well, faut croire que ça fait partie du pays. Mon conseil? Ne jamais aller là-bas sans s’attendre au pire, et surtout, surtout, avec une bonne dose de Bio-K.

Après deux mois de tempêtes gastriques, j’ai atterri dans le cubicule du Dr. Nick Walters, au Mission Hospital de Bangkok.

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Décompte à Saigon

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Arrivée à Saigon vers 14h, le 31 décembre. Il ne reste que quelques heures pour choisir où on va pour la soirée, dans une ville où on ne connait ni resto, ni bar, ni personne. L’aimant touristique nous attire à Pham Ngu Lao, le repaire des backpackers, une rue cousine de la célébrissime Khao San Road de Bangkok. Terrasses en bord de rues, stands de banh mis (les fameux sandwichs vietnamiens servis sur pain baguette), de banh xeo (un coup de foudre, des crêpes croustillantes faites à base de farine de riz et d’eau de coco, farcies de crevettes, de pousses de soja, de porc, et roulées dans des herbes et des feuilles), de fruits, de jus, de bières, de t-shirts, de massages, de coiffure, de cirage de souliers, de gonflage de pneus, de journaux, de livres et de lunettes. Tout ça en version ambulante. Tu te poses tranquillement, et le choix vient à toi comme un perpétuel menu déroulant.

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Les limbes de fin d’année

Durant les quelques jours qui séparent Noël du jour de l’an, cette période où le temps s’arrête, où l’on oublie quel jour on est, quelle date, tout occupés que nous sommes à être en vacances. Quelques jours que je suis habituée de passer en ski de fond, à regarder une bûche brûler tranquillement dans le foyer, à boire un Baileys au son de Happy Xmas de John Lennon, à passer la journée en pyjama, à faire le poisson sur mon sofa, à dire à ceux que j’aime que je les aime. Durant ces quelques jours, nous on a eu chaud. Vraiment chaud. Tellement chaud que les boucles de Serge s’échouaient comme des épaves capillaires, lui donnant un look de Playmobil, les cheveux tout collés comme une seule et même couche foncée sur sa pauvre tête en nage.

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