Roadtrip à Lombok

Dernière semaine de voyage!

Je me rappelle notre trek à Sapa, on en était à deux mois à peine au compteur, un jeune couple de Québécois a croisé notre route. Cinq jours qu’ils leur restaient. Cinq jours! Je me souviens avoir éprouvé une certaine pitié. De la compassion à l’idée qu’ils retournent au Québec d’hiver, sombre et glacial. Nous, on était au printemps de notre voyage, il nous restait tellement à vivre et à découvrir. Cette notion de derniers moments était cruelle.

Ouais, ben on y est. Il nous reste cinq jours à notre tour.

La bonne nouvelle, c’est qu’on s’est booké une semaine en France qui fera office de tampon au décalage horaire, au changement de climat et au grand retour en général, à la civilisation, à notre quotidien, à faire nous-mêmes le lavage, les courses et la vaisselle. La vraie vie, quoi.

La mauvaise, c’est qu’en cinq jours on n’a tout simplement pas le temps de faire tout ce qu’on voulait faire à Lombok. On s’est loué deux scooters et on roule comme des défoncés. On a paressé en masse aux îles Gilis, et là ça nous arrive comme une claque en pleine face. Plus une seule seconde à perdre. Chaque jour est rempli à ras bord, on tinque le matin et puis on roule till we die.

La bonne nouvelle, c’est que l’île de Lombok est magnifique. Une beauté naturelle. Des routes panoramiques. On a trouvé une petite crique où un grand arbre domine une petite plage presque déserte, l’une des plus belles de notre voyage. On a les fesses à l’eau et on se dit que la vie nous a réservé ça pour la fin, et que c’est vraiment bien.

La mauvaise, c’est que je brûle vivante, entre le soleil de l’équateur et le regard bouillant des passants. Autant sur la côte, les bikinis sont bienvenus, au centre de l’île, c’est plus traditionnel. Moins de touristes. Et musulman. Je sens les regards sur ma petite robe nouée derrière le cou – «alerte à la WHORE!!!!» qu’elles doivent se dire sous le couvert de leur voile d’été. L’ironie, c’est que dans quelques jours, j’aurai un foulard autour du cou, des gants sur les mains et des bottes aux bout des pattes, et c’est maintenant qu’on décide de visiter un territoire de l’Islam.

La bonne nouvelle, c’est qu’en plein centre de l’île il y a un volcan, un grand volcan de 3700 mètres qui a craché du feu tout récemment, et que ce volcan, on va se le faire. On va escalader le mastodonte et se rendre au cratère juste à ses côtés pour l’observer en 3D, ça va être malade.

La mauvaise, c’est qu’on a comme trois minutes pour notre grand projet. On va escalader deux kilomètres de dénivelé dans la journée, dormir en haut, et puis redescendre à l’aube. Il est 4h30 AM, et le guide vient de cogner à notre porte d’hôtel. Faut se lever. Le trek commence de nuit. On voit rien. Notre lampe frontale est à l’agonie, les piles crient famine. Je marche sur une branche et la moumoune en moi panique… Un serpent!!! Cri du cœur. Saut de deux mètres propulsé par l’horreur. Méga boost d’adrénaline qui me donne une poussée pour les 300 mètres d’altitude suivants. Il en reste 1700. Misère.

La bonne nouvelle, c’est que mine de rien, on finit en grand. On a réussi. J’ai passé toute la gamme d’émotions, les mêmes que quand tu coures un marathon. Excitation, euphorie, remise en question, agonie. On est rendus. Le soleil se lève et c’est grandiose. Je suis emmitouflée dans mon sleeping et dans mon amoureux qui me réchauffent, et la carte postale qui nous accueille dans cette magnifique journée nous coupe le souffle.

La mauvaise, c’est que c’est quand même con de repartir quand on est si bien. C’est beau ici, merde! Et puis si on décidait de rester? Techniquement, on pourrait ne pas se présenter à l’enregistrement des bagages, caller malades, passer go et réclamer six mois de plus. Rendus là, c’est juste une question de carte Visa.

La bonne, c’est qu’on y sera. On a envie d’être là. Retrouver notre vie qui nous a manqué. Maman, papa, Zaza, Natha, Momo, Mimi, Guy, et tous les amis. La bouffe de Montréal, le vin, le fromage, les bières du jeudi qui finissent le vendredi. Recevoir les gens qu’on aime. Le boulot, le condo. Notre lit. Vivre sans valises. Le printemps de chez nous. S’énerver sur une terrasse parce qu’il y a un rayon de soleil au mois d’avril. La première sangria de l’année. Courir au Mont-Royal. Prendre un verre sur notre toit et passer la nuit sous les étoiles. L’omelette feta du Byblos, le poulet grillé du Romados. Le chardonnay de Guy, le spa de chez mamita, parler de pub et de la Marois. Un croissant au Kouing Aman, un white velvet au Laïka, des tapas à la Sala Rosa.

Montréal, juste Montréal.

Montréal nous a manqué. Et la bonne nouvelle c’est qu’on va rentrer.

***

Sur la route

Remarquez le papier blanc… C’est la «contravention» de Serge pour avoir conduit un scooter sans un permis international. Très convaincant.

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Le trek du Rinjani

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Les derniers moments de bonheur au soleil

Il était temps qu’on rentre, Serge commence à ressembler à une cuisse de poulet BBQ!

Ps – C’est pas nous qui avons mis une bière dans les mains de ce jouvenceau! J’ai sorti la caméra, il a sauté sur la bouteille!

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Un commentaire sur “Roadtrip à Lombok

  1. Stéph dit :

    ouahouuuuu ça passe trop vite! en tout cas on a hâte de vous revoir avec vos rêves plein les yeux! comme vous terminez par la france, n’oubliez pas la bonne moutarde de dijon!!!!!!

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