Échoués au lac Inle

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En arrivant en Birmanie, j’ai eu peur. J’ai revu l’Inde et ses influences puisqu’elle est toute proche, l’eau non potable, les routes de terre, les toilettes turques, un retour au voyage inconfortable, enrichissant mais inconfortable. Après un court séjour à Yangon, la plus grande ville du pays (en fait c’est pas mal la capitale, mais le gouvernement a décidé unilatéralement de la déposséder de son titre en 2005 pour fonder une nouvelle capitale 300 KM plus loin, en plein désert) nous avons rapidement mis le cap sur la nature. On s’est dit tant qu’à être inconfortables, on va passer en mode «camping».

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Mes New Balance rouge cerise, si clinquants au départ, se sont lentement transformés en New Balance rouge «croûte de terre», et ils empestent l’effort.

Qu’importe, je vais laver la terre de mes souliers, mais je vais garder tout ce qu’on a parcouru durant les soixante kilomètres qui séparent la petite ville de Kalaw du grandiose Lac Inle. Un parcours de vraie Birmanie, celle qui vit dans l’arrière-pays. Les marchés sur quais de gare, les paysans qui élèvent les buffles d’eau en récoltant de l’ail, du gingembre ou du piment, un mariage birman qui nous a si généreusement ouvert les portes de ses traditions comme si on était des témoins officiels, les turbans fluos, les forêts de bambous, les salades d’avocats et les simili-pizza-pochettes au chocolat.

Au soixantième kilomètre en trois jours, on est arrivés au Lac Inle avec le sentiment de mériter le droit de poser mollement nos culs dans la barque à moteur qui nous attendait à l’arrivée. Yessss! On s’est laissés tomber, défiant la gravité pour enlever un peu de poids sur nos ampoules râpées à vif et nos mollets en compote.

Mais ce qui nous attendait de mieux encore, c’est qu’avec le sport vient l’effort, puis la fierté, puis les endorphines – douces endorphines – qui se répandent partout, là où ça fait mal en urgence, et puis doucement montent à la tête et transforment la douleur sportive en euphorie. Dans cette barque à moteur, on a tous jubilé. Grandiose lac Inle. Douze mille hectares aquatiques, paisibles, au milieu d’une kyrielle de jardins flottants, de maisons sur pilotis et sur fond de montagnes dignes d’une stock photo. On se serait crus flotter devant un paysage IMAX 3D, qui aurait pour titre «Imaginez si vous y étiez».

Et on y était.

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Le trek

Voici les images du trek, en vrac, ponctuées de tout ce qu’on a vu. On était six avec un guide, le couple en cavale, un autre franco-allemand qui communique en portugais, une tchéco-californienne qui revenait du camp de base de l’Everest et un travailleur de la route finlandais qui a passé Noël à Bethléem (how cool is that??!!). Ça peut paraître disparate au départ, mais à six, nous avons formé un curry exquis, juste assez santé, juste assez épicé, nourrissant avec même des détails croustillants, et qui a su nous tenir en appétit trois jours durant.

Le lac Inle

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2 commentaires sur “Échoués au lac Inle

  1. Marco dit :

    Wow,ca a vraiment l’air superbe la-bas, des paysages encore épargnés de la société de consommation. Tu as bien fait d’insister pour y aller, c’est unique dans la région! Et très belles photos en passant!
    -Marco

  2. ti-guy dit :

    Wow!
    Des vrais Robin et Robine Crusoë!
    Des superbes photos et dialogues qui nous amènent à voyager tout près de vous comme un bon National Geographic!
    Merci, Merci
    Guy

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