La panique et la paix.

Panique. Du monde partout. On a faim – moi ça va encore, mais Serge. Quand Serge a faim, c’est instantané : l’écran se divise en trois, on est catapultés dans un épisode de Twenty Four. Pas le temps de niaiser. Il fait fucking chaud, et ça fait au moins une demi-heure qu’on essaie de se frayer un chemin vers – rendons-nous à l’évidence – nulle part, à travers la masse chaotique et cacophonique de monde, de vélos, de motos, des étals de fruits, d’épices et de riz, un chien couché par terre au milieu de tout ça, des mendiants, l’odeur de tuyau d’échappement, de swing de curry, un vendeur de barbapapa, de la poussière sur tes dents quand tu laisses ta bouche ouverte trop longtemps, un Indien qui pisse, des enfants qui te fixent, une vache folle qui s’est pris la tête dans une poubelle et qui fait le taureau mécanique.

Il faut venir ici pour voir le vrai sens du mot bordel.

À un certain moment donné, ton cerveau d’occidental ne fait plus sa job. Plus de repères. Plus le temps de te préparer mentalement. Tu perds le contrôle et tout va trop vite, comme quand tu atteints ta limite à Tetris et que tout s’empile inexorablement devant ton regard impuissant.

C’est là que tu te dis que c’est de la marde, ça pue la marde pis c’t’un pays de marde.

Et puis non. L’Inde te fait volte-face. Encore.

Je crois que le pays a un bon karma, parce qu’à chaque fois que j’aurais envie de bitcher un peu, je me fais ramasser par quelque chose de merveilleux.

Cette fois-ci, c’était une assiette d’aloo tiki.

Rien de fancy, vraiment. Des croquette de patates écrasées, frites à grande huile, bien grasses, croustillantes à l’extérieur, moelleuses à l’intérieur, et servies dans une pauvre assiette de plastique pour à peu près dix-huit cennes canadiennes. La sauce, aigre, douce, épicée, sucrée, piquante, épaisse, réconfortante, salvatrice. On a bouffé goulûment assis entassés avec une dizaine d’Indiens perplexes qui ont rarement la chance d’observer l’humain blanc d’Amérique de si près.

En quelques instants, nous étions béats et repus. Ces patates nous ont sauvés.

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Exit les forêts luxuriantes, le temps frais, le calme et la sérénité de l’Himalaya : on a maintenant les pieds dans le sable du désert et la tuque perdue au fond du sac. Nous sommes au Pendjab, un état du nord-est où s’empile 3 fois le Québec dans 30 fois moins d’espace.

Ici, c’est le repaire absolu des Sikhs. Il y a des turbans de toutes les couleurs. Des petits, des gros, des ronds et des faux. On a même vu un papi sortir ses lunettes de lecture enfouies dans un repli pour lire son journal dans l’autobus! J’avais posé la question à Kool, notre guide de Delhi, et il n’y a pas vraiment de coutumes qui régissent les formes et les styles. Une histoire de look. Perso, j’ai tout de même observé que plus un turban a l’air d’un gros nid d’oiseau, plus le monsieur juste en dessous a une forte propension à avoir de l’argent, de la barbe et de la bédaine. Une question de silhouette peut-être.

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À Amritsar, le plat de résistance c’est le Temple d’or.

Ce temple est pour les Sikhs ce qu’est La Mecque pour les musulmans ou le Vatican pour les Chrétiens. L’eldorado de la foi.

Ici, la sérénité des lieux nous envahit. Pas que l’on soit seuls, non, évidemment non. À toute heure du jour, des centaines, des milliers de fidèles et de touristes viennent se bercer au son de chants sacrés que des haut-parleurs retransmettent aux quatre coins du site. Un vaste quadrilatère avec des monuments de chaque côté, des remparts où le flot humain avance doucement et constamment, et au centre, un étang qui miroite depuis des siècles le temple d’or tête baissée, comme un écho aux fidèles venus prier.

Autant à l’extérieur, l’effervescence toxique de la ville t’érode jusqu’à la couenne comme une cenne dans un verre de coke. Autant ici, on se sent à l’abri.

La sainte paix comme on dit.

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Le temple sert plus de 60 000 repas par jour à ses fidèles. Dans l’ordre: tu arrives, tu t’assois, tu observes, tu manges, tu souris.

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Un bain de foule pris à Atari (oui les geeks, la ville s’appelle Atari!) , à la frontière du Pakistan. À tous les soirs, une cérémonie officielle a lieu au moment où les frontières sont fermées pour la nuit…

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La cérémonie est très patriotique, ambiance festive de centre Bell avec vendeurs de samosas.. Go Inde Go!

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Le party pogne quelques minutes avant la cérémonie…

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Où est Gazelle? Je pratique mes moves de Bollywood!

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4 commentaires sur “La panique et la paix.

  1. Jude dit :

    « comme quand tu atteints ta limite à Tetris et que tout s’empile inexorablement » my god que cette analogie est trop bonne….j’ai toute suite compris et ressenti ce que tu voulais dire Gazelle!!! Go pour les moves…té mieux de me montrer le Bollywood en revenant!!! :)

    • Gazelle dit :

      Avec plaisir!! Check nous ben à notre prochain souper-photos, ça va être malade!! D’ailleurs va falloir jeûner pendant quelques jours avant, parce que j’ai pris un cours de cuisine d’ici, on va se bourrer la bédaine de naans et de currys ;-))) xx

      • Jude dit :

        Ho yeah!!!!!! Désinfincte-toi bien les mains avant de cuisiner par exemple….pas un résidu d’Inde dans mon plat…lolololol Non sérieux à chaque fois que vous décrivez de la bouffe je bave……..J’ai déjà trop hâte :) yuuuuuummmmmmmmyyyyy

  2. Francis dit :

    Nan mais c’est bon, vous êtes à Barbès c’est ça ?

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